Né en l’an 707 de l’ère III et originaire de Genesis, Elarion était un enfant calme et réservé. Ses parents ont décidé de se rendre à la capitale du savoir pour des affaires commerciales le jour même de ces 5 ans.

La cité d’Historia ne dormait jamais vraiment ; elle respirait au rythme des livres qu'on tournait et de l'encre qui séchait. C'est dans ce dédale de bibliothèques aux sommets inexplicables qu'Elarion De Neuvillette avait ainsi grandi.

Le jeune Elarion ne cherchait pas l'aventure au dehors, comme les enfants de son âge. Son monde était fait de papier séché à l’encre, de paroles qui volaient au vent et de l’odeur des imprimeries de ville, le poussant à réfléchir des heures et des heures sur la nature du Bien et du Mal. Mais les livres ne suffisaient plus à apaiser son esprit. Il fallait voir la loi à l'épreuve du sang et des hommes.

Dès l’âge de douze ans, Elarion commença à se glisser dans les salles d'audience d’Historia. Il assistait ainsi aux procès des pires criminels de la région.

Là où d'autres n'auraient vu que misère et tragédie, lui y voyait une mécanique complexe. Sur son carnet, sa plume grattait sans relâche. Il notait chaque chef d'accusation, chaque témoignage, chaque faille dans la défense. Puis, avant que le magistrat ne prononce son verdict, Elarion rendait sa propre sentence de son côté.

Nuit après nuit, il comparait ses décisions à celles de la Cour. Au début, ses erreurs étaient nombreuses, dictées par l'innocence et l’idéalisme de l'enfance. Mais au fil des ans, l'écart se réduisit. À dix-sept ans, ses jugements coïncident presque toujours avec ceux des juges les plus sévères et les plus justes du royaume. Il n'était plus un simple spectateur, il était déjà, en secret, un esprit de justice affûté.

À vingt et un ans, déjà diplômé de l’académie d'Historia, il enracinait sa place en tant que juge. Dans les tribunaux de cette contrée, sa réputation fut fulgurante. Froid, impassible, doté d'une perspicacité presque inhumaine, le jeune juge De Neuvillette ne laissait aucune place au doute ni à la pitié coupable.
Ses plaidoiries étaient des sentences irrévocables. En quelques années à peine, il devint l'une des figures juridiques les plus respectées et redoutées du royaume.

Mais l'horizon d'Elarion s'étendait bien au-delà des frontières d'un seul royaume…